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La France championne du boycott et du buycott

10 mars 2020
Une étude révèle que les Français sont les plus actifs en matière de consumérisme politique, par rapport aux consommateurs américains, canadiens et britanniques. Les résultats sont issus du projet « Mobiliser les citoyens du monde : la consommation politique dans une perspective comparative ». Shelley Boulianne (MacEwan University - Canada), Karolina Koc-Michalska (Audencia Business School - France), et Lauren Copeland (Baldwin Wallace University - USA) ont étudié les comportements du consommateur fondés sur des considérations politiques ou éthiques. L’étude souligne également le rôle des réseaux sociaux.

Si le vote est la principale forme de participation politique, la consommation est un autre outil puissant. Une étude transnationale a exploré le consumérisme politique, à travers le boycott et le buycott, et les façons dont les gens s’engagent. D'un point de vue global, dans les quatre pays étudiés, le boycott est aussi populaire que le buycott: 54% des répondants ont acheté ou refusé d’acheter des produits ou services sur la base des valeurs sociales ou politiques de l’entreprise. Néanmoins, les citoyens français semblent se comporter légèrement différemment des autres pays occidentaux impliqués dans l'étude.

 

Les Français sont N°1 du boycott et du buycott

Si le boycott et le buycott sont des pratiques populaires dans les 4 pays de l’étude, ce sont les Français qui sont les plus actifs :

  • 59% des Français ont buycotté un produit ou service au cours des 12 derniers mois, devant le Canada (54%), suivi des USA (53%). Les Britanniques ferment la marche avec 52%.
  • Même première place pour le boycott : 57% des Français, devant les USA (55%), suivis du Canada (53%). Les Britanniques conservent aussi leur dernière place avec 51%.  
  • Alors que la Grande-Bretagne est le seul pays où les femmes sont plus actives que les hommes dans les 2 pratiques :
    • Les hommes sont davantage enclins au boycott en France (60%) et aux Etats-Unis (57%) que les femmes (respectivement 55% et 52%)
    • La tendance est la même pour le buycott, avec tout de même un écart moins important entre hommes et femmes (61% d’hommes buycotters versus 56% de femmes en France, et 55% versus 52% aux Etats-Unis).  
    • Il est intéressant de noter qu’au Canada, les femmes et les hommes sont tout autant investis dans les pratiques de consumérisme politique.   

En France, c’est 67% des 18-24 ans qui déclarent avoir boycotté un produit ou service dans l’année écoulée, suivis des 35 à 44 ans pour 64%. Mais c’est en Grande-Bretagne que les plus jeunes sont encore plus nombreux à le pratiquer (74% des 18-24 ans).

Le buycott jouit d’une popularité quasi-identique dans les groupes d’âges de moins de 44 ans (63%), et décroit ensuite dans les groupes plus âgés.  

Dans tous les pays également, les boycotteurs et buycotters sont majoritairement des personnes ayant fait des études supérieures (65% en France, contre 51% des personnes n’ayant pas poursuivi leurs études après le bac pour le boycott, et respectivement 67% et 52% pour le buycott).

 

Le rôle et l’impact des réseaux sociaux dans le boycott

L’étude démontre que dans les 4 pays, il est presque deux fois plus courant d’être invité à boycotter en ligne plutôt hors ligne (respectivement 32% des Français invités en ligne contre 18% hors ligne). Un résultat logique puisque les campagnes d’e-mailings et réseaux sociaux sont devenus des outils usuels pour ce type d’actions.

Si la population ciblée est bien la population plus diplômée (qui est en effet plus active), en revanche les 35-44 ans sont davantage invités à boycotter (40%) que les autres tranches d’âge ciblées (35% pour les 18-24 ans), alors que les résultats précédents montraient que les 18-24 ans étaient pourtant les Français les plus actifs en matière de boycott.

« L'engagement en matière de consumérisme politique est directement lié au fait d'être encouragé à effectuer une action. En moyenne, 15% des citoyens reçoivent des encouragements hors ligne et 29% en reçoivent en ligne. Cependant, la volonté de diffuser cet engagement n’est pas très forte, car seuls 9% des répondants ont déclaré avoir partagé des informations de boycott via les médias sociaux. Ces résultats sont similaires dans les 4 pays. La communication est donc davantage l’apanage des organisations incitant au boycott qu’une communication personnelle », commente Karolina Koc-Michalska, professeure à Audencia Business School.

On retrouve pour toutes ces actions en ligne une proportion plus importante d’hommes que de femmes, sauf pour la Grande-Bretagne, et de personnes plutôt jeunes dans l’ensemble des pays.

 

Rapport complet et site web

Rapport complet

Site web

 

Méthodologie

L’enquête transnationale pour examiner le consumérisme politique concernait 1500 personnes au Canada, et la même proportion en France et au Royaume-Uni, ainsi que 1700 personnes aux Etats-Unis. L’enquête a été menée à travers un panel en ligne correspondant au genre, à l’âge et à la composition éducative de chaque pays. Les données sont pondérées en fonction du genre, de l’âge et du niveau de scolarité pour tenir compte des variations entre les caractéristiques de la population et les attributs des répondants. L'étude a été inspirée, en partie, par une méta-analyse réalisée par Lauren Copeland (Baldwin Wallace University) et Shelley Boulianne (MacEwan University) sur 66 études sur le consumérisme politique. La méta-analyse sera publiée dans International Political Science Review. Ce projet a été financé par The Social Sciences and Humanities Research Council, MacEwan University, Audencia Business School, et Baldwin Wallace University.

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